L’absentéisme : on en parle ? Ce phénomène se manifeste déjà sûrement au sein de votre entreprise. Et vous le savez : vous n’êtes pas seul face à cette difficulté qui ne cesse de s’amplifier. D’ailleurs, chez Moovency, nous nous engageons à vous apporter tous les outils et méthodes nécessaires pour tenter d’enrayer ce problème sur le long terme.

Car, oui, c’est un fait. Les derniers chiffres concernant l’absentéisme révèlent que le taux d’absentéisme, en constante évolution depuis 2016, a subi une nette hausse depuis 2020. Certes, la part des arrêts liés au Covid a doublé (12% en 2021 VS 6% en 2020) mais on dénote tout de même une hausse significative des arrêts en entreprise pour troubles musculosquelettiques, accidents et troubles psychologiques. 

La crise n’a fait qu’amplifier les problèmes d’une organisation structurelle déjà fragile. 

Pour l’année 2020, l’absentéisme représentait 25,1 jours d’absence par an, une réalité alarmante. En 2021, pour plus d’un dirigeant sur deux, l’absentéisme est un sujet de préoccupation majeur au sein de son entreprise

Pour bien traiter et analyser le phénomène, nous vous proposons trois articles pour comprendre les raisons derrière ce problème, ses conséquences et enfin quelles solutions peuvent être mises en place pour y faire face.

Dans ce premier article, nous verrons ce qu’est l’absentéisme, comment le mesurer à l’aide de différents types d’indicateurs pour ensuite nous intéresser aux différents facteurs qui se trouvent aux racines du phénomène. 

Comment se manifeste l’absentéisme en entreprise ?

Qu’est-ce que l’absentéisme en entreprise ?

Comprendre ce qu’est l’absentéisme permet de mieux l’appréhender et de pouvoir mettre en place des solutions afin de prévenir le phénomène. Selon le réseau Anact-Aract, on peut définir l’absentéisme comme étant « toute absence qui aurait pu être évitée par une prévention suffisamment précoce des facteurs de dégradations des conditions de travail entendus au sens large : les ambiances physiques mais aussi l’organisation du travail, la qualité de la relation d’emploi, la conciliation des temps professionnel et privé, etc. ».

Les recherches de Moovency sur l’amélioration des conditions de travail sont au cœur d’un développement durable de la QVT.

Comment se mesure l’absentéisme ?

Il est essentiel de mesurer l’absentéisme en entreprise avec des indicateurs pertinents. 

Cela va permettre de catégoriser le type d’absence et ainsi permettre de générer des données judicieuses pour mettre en place le projet de prévention. On va ainsi s’intéresser à : 

  • la nature (toutes les absences ne sont pas de l’absentéisme) ;
  • la durée (« courte » en dessous de 10 jours et « de longue durée » si elle dépasse les 3 mois) ; 
  • l’évolution des absences sur plusieurs années ;
  • l’âge ;
  • le sexe ; 
  • l’ancienneté ; 
  • et le type de poste occupé ou encore la pratique et la fréquence du télétravail…

Le taux d’absentéisme est souvent révélateur du fonctionnement de l’entreprise, de la cohésion et de l’épanouissement des collaborateurs. Bien connaître la nature des absences est important car, comme mentionné plus haut, toute absence n’est pas de l’absentéisme. Comme, par exemple, les cas suivant qui reposent sur les droits sociaux des salariés :

  • formation ;
  • congés payés ;
  • soins médicaux ;
  • congés maternité/paternité ;
  • absences pour grèves…

Ces absences sont programmées et ont été autorisées au préalable par l’employeur. Celles que l’on relève en matière d’absentéisme sont les arrêts de maladies ordinaires, de maladies professionnelles, les absences injustifiées et les accidents de travail et de trajet. Celles-ci ne peuvent pas être prévues à l’avance et engendrent de nombreux dysfonctionnements au sein de votre entreprise. 

Ces données vont pouvoir donner lieu à un tableau de bord de suivi de l’absentéisme pour déterminer le type d’absentéisme dominant contre lequel il faut principalement lutter. Il faut bien souligner le fait que les indicateurs sont des données objectives et ne permettent donc pas de comprendre précisément la nature du phénomène.

Exemple de tableau de suivi de l'absentéisme en entreprise

Lorsqu’elle n’est pas obligatoire, cette production chiffrée reste cependant très utile pour les DRH. Elle permet d’éclairer le dialogue social de données objectives, mesurer le ROI des actions préventives.

Absentéisme en entreprise : quelles en sont les causes ?

Avant toute chose, précisons que l’absentéisme est rarement dû à une seule cause. C’est généralement conjonctionla globalité de plusieurs facteurs qui peut provoquer de l’absentéisme. Multiples, les facteurs sont également propres au fonctionnement de chaque entreprise

L’absentéisme reflète un projet d’entreprise dans toute son intégralité.

Afin de bien vous présenter les causes, nous allons détailler trois facteurs qui, seuls ou combinés, pourraient engendrer de l’absentéisme. Et donc vous ralentir dans votre performance et compétitivité, tout en impactant vos salariés…

Les absences d’ordre privé 

Les absences, dites d’absentéisme, peuvent survenir dans un cadre personnel du salarié : il peut tomber malade ou s’absenter pour un motif familial impérieux. Ces absences d’ordre privé ne sont pas prévisibles et, même si elles peuvent avoir des conséquences professionnelles, cela n’est pas lié à un dysfonctionnement interne de l’entreprise concernée.  

Les risques psychosociaux

Quand on s’intéresse au fonctionnement de travail interne au sein de l’entreprise, on peut également lier l’individu et les RPS à l’absentéisme. Et par définition, ces risques peuvent atteindre la santé mentale, physique et sociale. Ils sont engendrés, selon l’enquête Gollac, par six facteurs :

👉 L’intensité et le temps de travail

Ici, nous parlons de quantité et de complexité. L’intensité et le temps de travail sont des facteurs qui peuvent toucher le salarié car la pression temporelle est induite par un bon lot de difficultés : surcharge de travail, horaires décalés, manque de moyen, etc.

👉 Les exigences émotionnelles

La souffrance sociale est également un point de vigilance à avoir. Certains corps de métiers – les infirmières, par exemple – sont régulièrement en relation avec un public fragile, et il peut être difficile d’y faire face. Le rapport à la précarité sociale peut également engendrer des situations de violence, voire même un risque d’agression.

Les différents RPS, causes de l'absentéisme en entreprise

👉 L’autonomie et les marges de manœuvre

Donner trop de travail à un salarié, c’est générer des situations qui peuvent s’avérer stressantes. En revanche, donner trop d’autonomie peut également être contre-productif. Sans cadre, les salariés peuvent facilement se perdre dans leurs tâches. Il y a donc un juste milieu à trouver, pour assurer un environnement de travail épanouissant.

De plus, l’absence de possibilité de développer de nouvelles compétences peut également être un facteur de RPS. Si le salarié réalise des tâches monotones et ne se sent pas évoluer dans l’entreprise, il peut se sentir restreint et frustré.

👉 Les rapports sociaux et la reconnaissance au travail

Là, c’est plutôt la question du management qui est soulevée. 

En favorisant un éloignement des salariés des stratégies et objectifs de l’entreprise, ce dernier peut être démotivé. Le stress, la pression et la déshumanisation des salariés peuvent également avoir de grands impacts sur l’état mental du salarié. 

Et c’est également une question de rapport aux autres. La qualité de la relation entre collègues est un réel facteur de RPS qu’il ne faut pas négliger.

👉 Les conflits de valeur

L’éthique. La dimension que l’on accorde soi-même au travail… Et la qualité que l’on y rattache. Tous ces éléments peuvent constituer des conflits de valeur pour le salarié. Si ce dernier n’est pas en phase avec le travail qu’il réalise, un sentiment d’inassouvissement peut alors apparaître.

👉 L’insécurité de la situation de travail

Enfin, parlons de la situation de travail en elle-même. En effet, si le salarié n’est pas certain de la sécurité de son emploi, s’il ressent un risque de le perdre, il peut se retrouver dans une situation stressante. Cette inquiétude peut rapidement enfler et prendre beaucoup d’ampleur, au point de devenir un réel facteur de RPS.

Quels liens entre TMS et absentéisme en entreprise ?

Enfin, la première cause d’absentéisme reste depuis toujours liée au TMS, les troubles musculosquelettiques. Fin 2018, plus de 23% des arrêts maladies étaient causés par des troubles musculosquelettiques. 

Les charges de travail alourdies – à cause de l’absentéisme – poussent les salariés à sur-solliciter leurs capacités physiques, cognitives, etc. 

Cela crée des déséquilibres au niveau de la charge de travail. Sous tensions, fatigue et stress, les opérateurs vont donc davantage surexploiter leurs capacités physiques et les mettre à rude épreuve.

De plus, on retrouve fréquemment des postes de travail non adaptés qui dégradent la santé du salarié. 

C’est ici que l’on retrouve principalement les contraintes biomécaniques qui se traduisent par les postures, la répétition, la force et la durée de l’activité. Les facteurs biomécaniques se répercutent en majorité sur la partie supérieure du corps. Les troubles les plus répandus sont les lombalgies, tendinites, tensions aux cervicales… 

A titre d’exemple, la lombalgie aiguë est le deuxième motif de consultation chez le médecin généraliste. Elle représente 30 % des arrêts de travail de plus de six mois et constitue la troisième cause d’invalidité pour le régime général. L’absentéisme peut aussi être lié aux facteurs individuels de l’opérateur, tel que l’âge. En effet, la population vieillissante est beaucoup plus sujette aux troubles musculosquelettiques énoncés auparavant. 

 

Et les conséquences ?

Vous l’aurez compris les facteurs derrière l’absentéisme sont multiples et entretiennent bien souvent des rapports de causalité. 

Car oui, traiter les causes c’est aussi traiter les conséquences. Néanmoins quand il s’agit de troubles musculosquelettiques il est dur de faire machine arrière… Même si ce n’est pas irrémédiable pour autant. Tant que la maladie n’est pas installée de façon irréversible, des actions sont toujours possibles. Dans la mesure où l’on s’y prend suffisamment tôt. Et c’est à ce moment-là que la prévention entre en jeu.

SOURCES
* baromètre-annuel-malakoff-humanis-absentéisme

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