Rendre visible le risque pour renforcer la prévention : le cas de LFB
Le groupe LFB, l’expertise engagée au service de la vie

Entreprise biopharmaceutique française créée en 1994, le groupe LFB est spécialisé dans le développement, la fabrication et la commercialisation des médicaments dérivés du plasma et de protéines recombinantes. Unique fractionneur sur le territoire national, il transforme le plasma en médicaments pour garantir aux patients atteints de maladies graves et rares un accès sûr et continu aux traitements dont ils dépendent. Le LFB commercialise a ce jour une quinzaine de biomédicaments dans une trentaine de pays.
Aujourd’hui, le LFB représente :
dans le monde (2024)
En France
En France
C’est sur le site de production dédié à la fabrication des médicaments dérivés du plasma, situé aux Ulis, dans l’Essonne, que s’inscrit notre retour d’expérience.

Une expertise tournée vers la vie… et vers la prévention
Au-delà de sa maîtrise scientifique, LFB développe une véritable culture de la prévention. Ses équipes de santé au travail s’engagent pour protéger la santé et la sécurité des salariés dans un environnement à fortes contraintes (froid, port de charges, manutention, espaces exigus, rythme soutenu…).
Parmi ces professionnels, Adeline SAGALLE et Patricia SOYER, infirmières en santé au travail sur le site des ULIS, portent une attention particulière à la visibilité des risques, à la pédagogie interne et à la mise en place d’outils pour renforcer la culture sécurité.
C’est dans ce contexte que s’est inscrit l’intégration de KIMEA, avec un objectif clair : rendre visibles les risques pour mieux protéger les équipes et objectiver les actions de prévention.


Crédits photos : LFB
Du suivi médical à la prévention des risques
Adeline Sagalle et Patricia Soyer structurent leur activité aux Ulis autour des exigences réglementaires de la profession. Leur quotidien est rythmé par les visites médicales (d’embauche, visites périodiques) auxquelles s’ajoutent la prise en charge des sollicitations liées aux maux du quotidien rencontrés par les salariés.
Au-delà de ces missions, elles jouent également un rôle clé dans la formation interne. Patricia porte notamment les formations aux gestes et postures, dans lesquelles Adeline vient en appui, tandis que toutes deux interviennent sur les sessions de formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST). Elles disposent également d’une compétence en ergonomie, qu’elles mobilisent pour accompagner les aménagements de poste, aussi bien dans le secteur tertiaire qu’au sein des environnements industriels.
Avant l’arrivée de KIMEA : Comment mettre en lumière le risque présent ?
Certains postes exposent les équipes à des contraintes susceptibles de générer des troubles musculosquelettiques (TMS).
Ce n’est pas forcément lié à des gestes répétitifs stricto sensus des normes du Code du Travail ou de l’INRS, mais plutôt des gestes répétés.
Adeline SAGALLE
Infirmière en santé au travail au LFB
Par exemple, les techniciens manipulant et triant les poches de plasma réalisent des mouvements répétés, dans le froid (en moyenne à 4°c) et avec des charges variables. Les opérateurs de production, de leur côté, évoluent dans des espaces parfois exigus et doivent pousser, tirer ou porter du matériel lourd. Individuellement, ces gestes font partie intégrante du métier ; cumulés, ils créent progressivement des conditions propices à l’apparition de TMS.
Au bout de quelques années, avec des dossiers d’instructions parfois longs et complexes à aboutir, plusieurs maladies professionnelles ont été reconnues.
Pour Adeline et Patricia, cette situation a confirmé un besoin déjà bien identifié : il devenait essentiel de pouvoir rendre les risques visibles, compréhensibles et objectivés.
Si les risques étaient connus, notamment grâce au travail déjà fourni par Patricia et à son expertise en ergonomie, il restait difficile de les matérialiser de manière suffisamment factuelle. Jusqu’ici, elle s’appuyait sur des photos, des vidéos, des croquis ou des cotations manuelles.
Dans le cadre de l’accompagnement TMS Pros, elles recherchaient un outil permettant de continuer à travailler sur ce sujet et d’illustrer de manière concrète l’apparition de ces troubles. Un outil plus moderne, capable de traduire leurs observations en données mesurables, visuelles et avec des indicateurs fiables, afin d’aller au-delà du traditionnel : « on sait que cette posture est mauvaise ».
C’est dans ce contexte qu’un collègue préventeur, en visite sur un salon professionnel, a découvert KIMEA et identifié son potentiel pour répondre à ces enjeux.
KIMEA, révélateur et accélérateur d’actions terrain
Un appui dans les formations gestes et postures
KIMEA est devenu un support central pour adapter les formations gestes et postures aux réalités du terrain. Les équipes filment les situations de travail en amont et intègrent ces extraits dans leurs sessions, ce qui rend la prévention plus concrète et directement applicable.
Un outil d’aide aux choix dans les projets industriels
L’outil est aussi utilisé dans les projets industriels pour anticiper l’impact des aménagements sur les opérateurs grâce à des simulations réalisées avec un panel varié de salariés.
Une base documentaire dans les échanges avec la médecine du travail
Enfin, KIMEA facilite les échanges avec la médecine du travail en apportant des données et des vidéos qui permettent d’objectiver les situations et de suivre l’évolution des postes dans le temps.
L’usage de l’outil n’est pas quotidien, mais chaque intervention donne lieu à un travail conséquent, souvent à l’échelle d’un atelier entier. Les managers sont désormais de plus en plus nombreux à solliciter l’outil spontanément. Cette approche globale contribue à renforcer progressivement la culture de prévention dans les moeurs.
Accueil et perception de l’outil
L’arrivée de l’outil a modifié la manière de présenter les résultats. Son caractère visuel permet de rendre les restitutions beaucoup plus concrètes.
Les collaborateurs voient d’emblées les postures adéquates ou délétères pour les articulations, ce qui donne un appui pédagogique affirmé aux formations. Si la préparation de ces supports demande davantage de travail en amont, elle renforce considérablement l’impact des actions menées. Le code couleur facilite la compréhension immédiate et le retour en image capte davantage l’attention.
Certains salariés sollicitent même l’outil de leur propre initiative, notamment lors de visites médicales, afin d’objectiver une situation qu’ils jugent contraignante. Cette démarche permet de documenter précisément les contraintes du poste et d’étayer les recommandations et dossier médical.
L’outil ne crée pas de nouveaux constats : il ne fait que de mettre en relief les choses qui ont été dites. Cette dimension renforce la crédibilité du diagnostic et permet de faire bouger les lignes.
Les premiers axes d’améliorations
Les premières études menées dans les laboratoires ont permis de mettre en place des actions concrètes.
Par exemple, certaines assises n’étaient pas adaptées et nécessitaient des ajustements. Dans ce contexte, l’équipe a fait appel à un prestataire spécialisé en matériel ergonomique pour modifier l’installation des techniciens et améliorer leur confort de travail.
Ces changements sont plus facilement réalisables en laboratoire qu’en production, où les contraintes sont plus fortes. Les locaux sont souvent exigus, les cuves métalliques pèsent plusieurs centaines de kilos et les normes pharmaceutiques sont strictes, limitant la marge de manœuvre pour les aménagements. Dans ces conditions, les interventions sont généralement correctives et ciblées, adaptées aux situations individuelles.
L’outil a néanmoins permis de prioriser les actions, de guider les choix et d’identifier progressivement d’autres pistes d’amélioration.
Et pour la suite ?
L’harmonisation des pratiques avec les autres sites est un premier point identifié. Des réunions régulières en visio avec les équipes des autres sites permettent d’échanger sur les usages de l’outil et d’envisager son déploiement au-delà du site des Ulis. Ici, l’objectif est de leur présenter l’outil d’ici la fin de l’année 2025, avec comme étape suivante former localement les équipes à l’usage de KIMEA et créer des échanges métier et terrain.
En parallèle, Adeline et Patricia envisagent d’étendre l’usage de KIMEA à d’autres secteurs et ateliers en production. Cela implique de filmer les postes, de mettre à jour la cartographie des risques et d’exploiter pleinement d’autres modules de KIMEA, comme celui dédié à la manutention de charges.
L’ambition est de disposer d’une vision globale et standardisée des situations à risque, tout en adaptant les interventions aux agendas opérationnels.
KIMEA en une phrase ?
C’est un outil qui a permis d’objectiver, de mettre en relief de façon plus explicite les problématiques relevées dans les diverses situations de travail dans l’entreprise.
Adeline SAGALLE
Infirmière en santé au travail au LFB
Merci à Adeline SAGALLE et Patricia SOYER pour ce temps d’échange. Et un grand merci aux équipes du LFB pour leur confiance !
