Zoom sur un TMS #5 – Cervicalgie
Après avoir étudié plusieurs pathologies du haut du corps, une manquait à l’appel… la cervicalgie ! Dans ce nouveau focus sur les troubles musculosquelettiques (TMS), partez à la découverte de ce trouble fréquent : ses causes, l’évolution des symptômes, les traitements possibles… et surtout, comment le prévenir.
La cervicalgie : définition
La cervicalgie est une douleur de la région postérieure du cou (arrière du cou). Elle peut provenir de différents éléments constituant le cou :
- les muscles, souvent contractés (ex. torticolis),
- les tendons et ligaments,
- les nerfs ou les disques intervertébraux.
Généralement, la douleur reste localisée, mais elle peut parfois irradier vers les épaules ou le haut du dos. Si celle-ci se diffuse dans l’épaule ou le bras, on parle de névralgie cervico-brachiale, qui traduit une irritation d’un nerf cervical.
La cervicalgie en quelques chiffres
La cervicalgie est une douleur souvent qualifiée comme commune :
→ En 2020, environ 203 millions d’individus de tout âge ont souffert de douleurs cervicales dans le monde. (JIM)
→ En France, environ 2/3 des français seraient concernés dans leur vie par un épisode douloureux du cou et une personne sur cinq a déjà présenté un épisode de cervicalgie de plus de 30 jours dans l’année écoulée. (Améli)
→ la prévalence des cervicalgies est plus élevée chez les femmes. (JIM)
→ Les estimations d’évolution de la prévalence des cervicalgies entre 2020 et 2050 prévoient une augmentation de +32,5 %.(JIM)
Cervicalgie : Les symptômes
Les manifestations de la cervicalgie peuvent varier en intensité et en durée. En principe, la douleur gêne les mouvements de la tête et irradie vers les épaules. Plusieurs symptômes peuvent s’y associer :
- Des maux de tête ;
- Des vertiges ;
- Des contractures musculaires : tensions, limitation des mouvements, sensation de raideurs.
- Une fatigue et une baisse de vigilance associées.
Dans certains contextes, notamment après un traumatisme, d’autres troubles peuvent apparaître : visuels, auditifs, troubles de la concentration ou de la mémoire.

Des cas spécifiques :
- La névralgie cervico-brachiale : une douleur irradiant du cou vers l’épaule et le bras.
- La névralgie d’Arnold : se manifeste généralement d’un côté seulement, souvent déclenchée par certains mouvements de la tête (extension / rotation).
La cervicalgie : les causes
La cervicalgie est souvent multifactorielle. 3 types de cervicalgies se distinguent :
Les cervicalgies non traumatiques
Ce sont les plus courantes, qualifiées de “communes”. Elles incluent notamment le torticolis. Les facteurs en cause sont multiples : activités sportives ou professionnelles, mauvaises positions, stress et anxiété, arthrose.
Le torticolis, lui, correspond à une contracture d’un ou de plusieurs muscles du cou (muscle sterno-cléido-mastoïdien, muscle trapèze). La gêne est importante dans les mouvements avec une douleur vive et on observe une attitude anormale de la tête et du cou en flexion et en rotation.
A noter qu’il ne faut pas confondre cervicalgie et torticolis.
Les cervicalgies traumatiques
Elles surviennent à la suite d’un choc ou d’un accident.
Le cas le plus fréquent est le « coup du lapin » (aussi appelé coup de fouet cervical) : la flexion du cou est brutale et est suivie directement par une extension avec un étirement.
Ce type de cervicalgie peut durer plusieurs semaines selon la gravité du traumatisme.
Les cervicalgies symptomatiques
Plus rare, ce type de cervicalgie révèle une douleur liée à une maladie inflammatoire, infectieuse ou à une tumeur.
Quelles causes en milieu professionnel ?
Certaines professions exposent particulièrement aux douleurs cervicales en raison d’une sollicitation répétée ou prolongée de la nuque. Parmi les facteurs principaux, on retrouve notamment :
→ Les postures statiques prolongées : rester longtemps assis, penché ou avec la tête inclinée vers l’avant ;
→ Le travail prolongé sur écran ;
→ Des gestes répétitifs : mouvements fréquents de la tête ou des épaules ;
→ La conduite d’engins avec contrôle arrière ;
→ Le port de charges lourdes : manutention ou transport de charges, surtout si la nuque est sollicitée pour soutenir le poids ;
→ Stress et rythme intense : des tensions musculaires peuvent apparaître selon le stress engendré par l’activité professionnelle.
Des branches professionnelles sont particulièrement concernées :
- Métiers de bureaux (tertiaire) : en présentiel ou en télétravail, la sédentarité, la tête penchée en avant et les épaules voûtées, combinées à un poste de travail mal réglé (siège, écran, clavier), favorisent la tension musculaire et la compression des structures cervicales.
- BTP et industrie : les métiers impliquant le port de charges, les gestes répétitifs ou des postures contraignantes sollicitent fortement le cou et les épaules.
- Autres professions à risque : conducteurs (camion, taxi, bus), chirurgiens, ou toute activité nécessitant de maintenir la tête immobile ou inclinée pendant de longues périodes.

La cervicalgie : diagnostic & traitements
Que faire en cas de douleur au cou ?
Selon l’intensité et la durée des symptômes, il est recommandé de consulter son médecin pour un examen clinique. Le diagnostic repose sur plusieurs éléments :
→ L’examen clinique : observation de la posture, tests de mobilité, palpation des muscles et articulations cervicales
→ L’historique médical et professionnel : durée, intensité, contexte de la douleur
→ Examens complémentaires : radiographie, IRM ou scanner peuvent être prescrits si un problème structurel est suspecté ou si la douleur persiste.
A noter : La cervicalgie est dite aiguë lorsqu’elle dure moins de 6 mois, et chronique au-delà de cette durée.
Les traitements envisagés :
Traitements médicamenteux : antalgiques et anti-inflammatoires pour réduire la douleur, décontractants musculaires pour les contractures
Traitements orthopédiques : un collier cervical (minerve) : uniquement dans certains cas aigus et pour une durée limitée
Rééducation et kinésithérapie : Exercices de mobilité et de renforcement du cou et du dos ou thérapies manuelles : massages, étirements, kinésithérapie ciblée
Prévenir les douleurs : des habitudes qui peuvent aider
Pour limiter l’apparition ou la récidive des douleurs cervicales, il est important d’adopter quelques bonnes habitudes au quotidien.
Surveiller ses postures : éviter la tête penchée en avant ou les épaules voûtées.
Activité physique régulière ;
Se tourner vers une literie adaptée : oreiller ni trop dur, ni trop mou, adapté à votre morphologie. Dans la mesure du possible, éviter de dormir à plat ventre.
Détendre ses cervicales : étirements doux, auto-massages, relaxation.
Dans certaines situations spécifiques :
Le travail sur écran : aménagez votre poste de travail en réglant correctement la hauteur de l’écran, la position du siège, du clavier et de la souris afin de réduire la tension sur le cou.
En voiture : ajuster l’appui-tête et la distance du siège pour limiter la fatigue et les tensions cervicales et porter systématiquement sa ceinture de sécurité.
Chez Moovency, nous accompagnons les entreprises dans la prévention des TMS grâce à KIMEA et l’expertise de nos ergonomes. Avec nos outils de captation, évaluez aisément les articulations les plus sollicitées pour ensuite mettre en place des actions de prévention. De quoi éviter au mieux l’apparition de la cervicalgie en milieu professionnel et préserver la bonne santé de vos salariés…
Sources :
Améli – Dossier Cervicalgie (douleur du cou) https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cervicalgie
Arthrose Cervicale – Les métiers qui sollicitent excessivement la nuque https://www.arthrose-cervicale.fr/arthrose-cervicale-les-metiers-qui-sollicitent-excessivement-la-nuque/
Journal international de Médecine (JIM) – Cervicalgies en hausse : un enjeu mondial d’ici 2050 https://www.jim.fr/viewarticle/cervicalgies-hausse-enjeu-mondial-dici-2050-2025a10002lj
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