S.E.C. et KIMEA : Mesurer, ajuster, améliorer
La Société d’Exploitation de Carrières (SEC) est un acteur local des matériaux de construction implanté dans les Alpes-Maritimes, appartenant aux groupes Vinci et Cemex.
Avec plusieurs sites répartis sur le département, l’entreprise accompagne les professionnels du BTP en proposant une large gamme de granulats et de matériaux reformulés à partir de ressources primaire et secondaire OGÊO, tout en développant des activités de recyclage et de valorisation des déchets issus des chantiers. La SEC est engagée depuis de nombreuse années dans un démarche de développement durable et d’économie circulaire “granulat +”.

La Société d’Exploitation de Carrières en quelques chiffres
Parmi ses différents sites, celui de Villeneuve-Loubet compte une dizaine de salariés et est placé sous la responsabilité de Stéphane Masson, responsable d’exploitation.
Son rôle consiste à assurer le bon fonctionnement du site dans toutes ses dimensions : gestion des ressources humaines, qualité, sécurité, santé et production, avec un objectif central : garantir les meilleures conditions de travail pour les collaborateurs tout en répondant aux besoins des clients.
Une démarche de prévention déjà engagée, renforcée par la donnée
Avant de lancer la démarche avec Moovency, S.E.C. avait déjà engagé un gros travail de prévention. Le site est notamment accompagné par la médecine du travail, dont l’un des infirmiers, formé en ergonomie, connaissait bien l’environnement de travail et les remontées des salariés.
S.E.C. a souhaité intégrer ces acteurs à la démarche afin de croiser leur connaissance du terrain et les études déjà réalisées avec les analyses produites par Moovency. L’objectif était de confronter les différents constats, de vérifier leur concordance et de s’assurer que les actions de prévention engagées allaient dans la bonne direction.
L’idée, c’était de travailler avec KIMEA, qui est un outil très visuel et assez pratique d’utilisation et avec du personnel qualifié, autant avec Moovency qu’avec la médecine du travail qui connaît notre personnel et nos attentes.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
La démarche a également ouvert des échanges avec d’autres sites de S.E.C. et des entités du groupe VINCI, notamment pour partager des vidéos et comparer certaines situations de travail.
Le sujet de départ : quatre postes identifiés comme prioritaires
Sur le site de Villeneuve-Loubet, quatre postes avaient été identifiés en amont de la démarche avec Moovency comme présentant des contraintes physiques particulières : le laboratoire, le tri, la fabrication des Big Bags et la bascule.
Le laboratoire : des manipulations répétées et des ports de charge
S.E.C. traite deux types de ressources : la ressource primaire (exploitation) et la ressource secondaire, c’est-à-dire les matériaux issus de chantiers de démolition ou de terrassement. Ces matériaux sont ensuite triés, concassés et criblés afin d’obtenir différentes coupures, destinées notamment aux centrales à béton et aux centrales d’enrobés.
Sur site, le laboratoire joue un rôle essentiel dans le contrôle de ces matériaux. Les techniciens réalisent chaque semaine des prélèvements afin de vérifier la granulométrie et la qualité des granulats, conformément au respect du marquage CE 2+.
Par conséquent, cette activité implique de nombreuses manipulations. Les techniciens effectuent des prélèvements sur les différents sites de production, avec près d’une dizaine de sacs par site, certains pouvant peser jusqu’à 25 kg. Ces sacs sont manipulés à plusieurs reprises : prélèvement, chargement dans le véhicule, déchargement au laboratoire, préparation et séparation des échantillons, puis réalisation des analyses.
Trois autres postes à enjeux
Outre le laboratoire, trois autres postes avaient été identifiés : le tri, la fabrication des Big Bags et la bascule. Chacun présentait des contraintes physiques différentes.
Illustration des contraintes physiques au poste de bascule
Crédit vidéo S.E.C.
D’autres situations, notamment les activités de maintenance avec la manipulation de pièces lourdes dans des espaces parfois exigus, faisaient également partie des sujets que S.E.C. souhaitait pouvoir approfondir.
L’enjeu pour S.E.C. était donc de disposer d’une approche permettant de mieux objectiver les contraintes physiques présentes sur ces différents postes, de prioriser les situations à traiter et d’orienter les actions de prévention.
De l’analyse à l’action : tester les améliorations sur le terrain
Formés à l’outil en septembre 2025, Stéphane Masson, accompagné de l’infirmier de la médecine du travail, a commencé par analyser les postes du laboratoire, choisi comme premier cas d’étude car il était à la fois facilement accessible et particulièrement représentatif des problématiques rencontrées. Après cette première analyse, l’équipe a donc poursuivi les prises de vue sur le tri, le poste Big Bags et la bascule.
Ces sujets ont été pris en charge et des solutions ont été déployées. Un important travail de suivi a été réalisé à travers des comparaisons avant/après afin d’évaluer leur efficacité.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
L’équipe a également comparé plusieurs configurations du poste de bascule avec un collègue d’une autre entité de VINCI Construction. Un travail qui a permis de constater qu’une modification pensée pour améliorer les conditions de travail ne produit pas nécessairement l’effet attendu. Ainsi l’intérêt réside autant dans l’identification des contraintes que dans la possibilité de tester différentes configurations et de vérifier leur efficacité avant de les déployer.
Concrètement : tester, ajuster et mesurer les résultats
Stéphane Masson nous partage quelques exemples concrets de configurations réalisées sur le site de Villeneuve-Loubet.
À la bascule : quand une amélioration dégrade d’abord le score

Crédit : S.E.C.
Le poste de bascule a fait l’objet d’une transformation importante : les équipes ont changé le bungalow afin de modifier la hauteur de la fenêtre et ont installé un bureau assis-debout, ainsi qu’un siège réglable permettant à l’opératrice d’adapter sa position.
Mais la première mesure après ces changements a réservé une surprise : le score de risque KIMEA est passé de 50 à 61, indiquant une dégradation de la situation.
L’équipe a alors repris la vidéo et analysé plus précisément les gestes et les postures. Elle a constaté que, malgré le nouveau mobilier, l’opératrice se positionnait trop loin de son poste et adoptait une posture qui restait contraignante.
Une nouvelle phase d’accompagnement et de réglage du poste a permis de faire redescendre le score à 32. Puis, en testant l’utilisation du bureau en position debout, le score est descendu jusqu’à 21.
Cet exemple illustre l’intérêt de disposer d’une mesure objective : une solution qui semble pertinente sur le papier ne garantit pas nécessairement une amélioration dans la pratique.
Aux Big Bags : revoir complètement la solution grâce à l’analyse
Le même principe a été appliqué au poste de fabrication des Big Bags. Pour limiter les contraintes liées à la réalisation répétée des nœuds sur les anses, S.E.C. avait dans un premier temps acheté une ligatureuse, une machine permettant de réaliser automatiquement le cerclage avec du fil de fer.
Mais là encore, le premier résultat n’était pas celui attendu : le score est passé de 33 à 53.
L’analyse détaillée de la situation a permis de comprendre que l’opérateur devait notamment aller chercher la machine, la déplacer et la ramener à chaque opération, ce qui ajoutait de nouvelles contraintes.
S.E.C. a alors modifié son installation. La machine a été suspendue à l’aide d’un système élastique (Sandow) , positionné directement à l’endroit où l’opérateur devait effectuer les ligatures. Il pouvait ainsi saisir la machine, réaliser le geste puis la relâcher sans avoir à la déplacer. Cette nouvelle configuration a permis d’obtenir un score de -6 par rapport au niveau initial.
Sans KIMEA, nous n’aurions probablement pas identifié cet élément. Nous aurions mis en place une action corrective sans nécessairement approfondir davantage l’analyse. L’apport de Moovency a donc été un véritable atout dans cette démarche.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
Là, on lui passe la vidéo avec les segments. Il n’y a pas besoin de parler : la personne voit qu’elle passe en rouge, qu’elle est souvent en orange parce qu’elle est penchée comme ça. C’est très ludique.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
Avec ces deux exemples concrets, Stéphane Masson souligne la pertinence du retour visuel. Pour lui, cette dimension était d’ailleurs l’une des raisons qui l’avaient convaincu lors de sa découverte de Moovency : les collaborateurs ne regardent pas une démonstration théorique, ils voient leur propre activité et leurs propres gestes.
Une démarche qui s’étend aussi aux postes de bureau
S.E.C. a également étudié les situations de travail des collaborateurs de bureau, en leur demandant de filmer certaines activités quotidiennes : travail sur ordinateur, utilisation du téléphone, prise et raccrochage d’appels.
Avec l’appui de la médecine du travail, plusieurs pistes d’amélioration ont été identifiées, notamment autour de l’aménagement des postes et des équipements. Des souris centrales ont également été testées, avec une adoption plus limitée.
Une utilisation qui demande quelques repères
La réalisation des vidéos a demandé quelques ajustements, notamment pour trouver le bon angle de prise de vue sur des postes où les opérateurs sont très mobiles.
Les deux difficultés de départ que j’ai eues avec KIMEA, c’est d’arriver à faire le bon film, à avoir le bon angle pour pouvoir vraiment voir tous les segments. Ça, c’était un peu compliqué parce qu’ils bougent beaucoup, des fois ils se tournent… Le jour de la formation, on avait deux personnes qui faisaient la même tâche. On a commencé avec la première, on s’est adapté à sa façon de travailler, et on s’est dit que la deuxième ferait pareil. Mais non, elle ne travaillait pas du tout de la même façon. Donc il faut vraiment arriver à trouver le bon angle, parce que les personnes bougent beaucoup.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
Une contrainte que Stéphane Masson identifie aujourd’hui comme faisant partie de l’apprentissage de la démarche : filmer au bon moment et sous le bon angle devient progressivement un réflexe, notamment lorsque les situations de travail sont très dynamiques.
Aller plus loin : une démarche à inscrire dans la durée
Les premiers résultats obtenus à Villeneuve-Loubet donnent à Stéphane Masson l’envie d’aller plus loin. Plusieurs autres situations de travail ont été identifiées, notamment en maintenance, mais leur analyse n’a pas encore pu être menée aussi loin. Entre la disponibilité des équipes, les horaires d’intervention et le temps nécessaire pour réaliser les prises de vue et les analyses, il n’est pas toujours simple de réunir les bonnes conditions au bon moment.
Parmi les prochaines pistes identifiées, l’automatisation de l’ouverture et de la fermeture de la fenêtre de la bascule constitue une priorité : ce geste peut être répété jusqu’à 150 à 200 fois par jour lors des journées les plus chargées.
Le laboratoire reste également un terrain d’expérimentation. SEC travaille actuellement sur un prototype destiné à réduire les manutentions liées au cartage des échantillons. Une nouvelle prise de vue permettra de comparer cette configuration à la situation initiale.
Et surtout, une démarche portée par une conviction : faire évoluer les façons de travailler
Finalement, pour notre interlocuteur, la démarche dépasse la seule analyse des postes. Elle s’inscrit dans une conviction plus large : les contraintes physiques ne doivent pas être considérées comme une fatalité du métier, et les solutions techniques doivent permettre de faciliter le travail lorsque cela est possible.
Il faut quand même amener cette facilité aux gens. On ne peut plus aujourd’hui dire : “Vous allez monter des bouteilles de 50 kilos à la main.” Il faut qu’on pousse là-dedans et qu’on avance.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
Cette volonté s’appuie sur un contexte au sein de S.E.C. et de Vinci, où les sujets de santé et de sécurité sont fortement suivis et à l’écoute des projets d’avenir. Stéphane voit ainsi dans la démarche une opportunité d’aller au-delà de son propre site et de partager les expériences et les solutions avec d’autres exploitations confrontées aux mêmes problématiques.
La valeur ajoutée de KIMEA : rendre visible et compréhensible
Pour Stéphane Masson, la valeur ajoutée de KIMEA réside dans sa simplicité d’utilisation et la rapidité avec laquelle il permet d’obtenir un premier résultat.
Sur certaines analyses plus approfondies, il a également pu s’appuyer sur l’accompagnement de Mathieu, Ergonome chez Moovency, pour affiner certains paramètres et interpréter les résultats.
La santé-sécurité de demain : des données pour continuer à progresser
Pour Stéphane Masson, les enjeux de santé et de sécurité vont continuer à prendre de l’importance dans les années à venir. Dans ce contexte, disposer d’outils permettant d’apporter des éléments factuels et visuels est un atout pour les équipes de terrain.
Pour moi, c’est vraiment un atout pour le futur de la sécurité et de la santé. C’est très parlant, c’est factuel et c’est de ça dont on a besoin face à nos ouvriers. Le fait d’avoir ces outils-là, qui sont assez simples, ça nous permet aussi de pouvoir continuer à progresser.
Stéphane MASSON
Responsable d’Exploitation S.E.C. Villeneuve Loubet
Un grand merci à Stéphane Masson pour son témoignage, ainsi qu’à l’ensemble des équipes et partenaires impliqués dans cette démarche. Merci pour leur confiance !
