Que ce soit en entrepôt, en usine ou encore en magasin, la manutention de charge est l’une des opérations les plus communément réalisées par les salariés des entreprises du secteur secondaire. Et des normes existent pour préserver la santé des opérateurs.

Quelles sont-elles ? Et comment les respecter ? Pour vous, nous faisons le point.

Manutention de charge et TMS : quelles relations ?

Des tâches et des professions confrontées aux risques de TMS

Qu’entend-on par manutention de charge ? Cette action est caractérisée par le transport d’une charge. Elle appelle alors un effort physique, qui peut être procuré par une ou plusieurs personnes. Et, généralement, le ou les opérateurs doivent :

  • lever 
  • poser ;
  • pousser ;
  • tirer ;
  • porter ;
  • ou encore déplacer la charge.

La manutention de charge concerne également les actions menées de manière régulière et itérative par un opérateur lorsqu’il doit placer, saisir ou déplacer des machines ou des outils.

Parmi les professions les plus impactées par la manutention de charges, on retrouve :

  • les métiers du bâtiment et des travaux publics (BTP) ;
  • les métiers d’aide à la personne et de soins médicaux, qui impliquent généralement des actions de mobilisation de personnes ;
  • les métiers du secteur de la logistique, où les salariés doivent s’occuper du chargement et du déchargement pour le stockage des produits, ou encore les livraisons de biens ;
  • les métiers liés au ramassage des déchets industriels et ordures ménagères ;
  • les métiers de l’agroalimentaire, avec par exemple les abattoirs qui impliquent le port de carcasse lourde ;
  • etc.

Des conséquences multiples liées à la manutention de charges

Il faut souligner que les risques générés par les manutentions de charges sont considérables dans le monde professionnel. En effet, de par leur nature, les opérations peuvent entraîner de nombreuses conséquences chez les salariés. On parle ici de…
  • contusions ;
  • plaies ;
  • fractures ;
  • douleurs dorsales ;
  • ou bien de déchirures musculaires.
Et tous ces maux peuvent aller jusqu’à la reconnaissance d’une maladie professionnelle.  Croisés à d’autres facteurs de risques – organisationnels, environnementaux, risques psychosociaux et facteurs humains –, ils peuvent mener l’opérateur à contracter un trouble musculosquelettique En effet, la manutention de charge implique les trois facteurs de TMS d’ordre biomécanique qui sont l’effort, les postures et la répétitivité. Et au-delà de la douleur et des maux cités plus tôt, les TMS peuvent entraîner une dégradation de la santé et de la vie professionnelle du salarié.
Conséquences des TMS liées à la manutention de charges

Les entreprises sont elles aussi touchées par les conséquences des troubles musculosquelettiques survenus chez les salariés de leur structure. Ils ont un impact significatif sur la performance globale de l’entreprise.

On parle alors d’absentéisme, de remplacement des ressources humaines, de la baisse de la qualité de production, mais encore des coûts de formations des nouveaux salariés ou intérimaires.

Ces effets entraînent généralement un épuisement global de la masse salariale – et donc plus de risques de générer de nouveaux accidents de travail ou de contraction de TMS –, mais aussi des tensions et des conflits. Et tout cela nuit à l’image même de l’entreprise.

Les normes liées à la manutention de charge

La norme NF X35-109

Recommandée par la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés, la norme NF X35-109 analyse les activités liées à la manutention de charge. C’est cette norme qui installe des limites au port de charge. Et, de ce fait, elle indique des niveaux de risques pour les salariés et des seuils à ne pas dépasser. La norme NF X35-109 s’articule donc autour des niveaux risques suivants :
  • « minimum » ;
  • « acceptables »;
  • « acceptables sous conditions » ;
  • et « inacceptables ».
Néanmoins, ces niveaux ne sont que des références, c’est-à-dire qu’ils sont applicables que dans des conditions optimales de manutention. Des coefficients correcteurs doivent alors s’appliquer à ces niveaux de risques, en fonction du travail réel des opérateurs, ce qui implique un abaissement du poids recommandé par la norme. Ces coefficients correcteurs dépendent de plusieurs facteurs, dont : 
  • la hauteur d’application de l’effort ;
  • la distance parcourue avec la charge ;
  • les conditions environnementales :
  • l’organisation de la tâche ;
  • ou encore tous les autres facteurs propres à chaque entreprise.
De plus, la norme NF X35-109 peut déterminer également un tonnage journalier. Cela prend donc en compte la totalité des charges portées par un salarié lors d’une journée de travail.

Il est important de noter que cette norme :

  • englobe uniquement les activités dites de « manutention manuelle » ;
  • concernant la population active âgée de 18 à 65 ans, et ce sans distinction de sexe ;
  • ne peut pas être appliquée dans des situations de travail « dégradées » auxquels peuvent s’imputer des risques supplémentaires ;
  • et qu’elle ne peut pas être appliquée si la charge est inférieure à 3kg.

L’équation NIOSH

Il nous paraît important d’aborder dans cet article l’équation NIOSH. C’est une méthode d’évaluation qui permet d’analyser si l’action de soulèvement d’une charge par un opérateur est risquée ou non pour ce dernier

Cette équation peut être utilisée pour évaluer des tâches de soulèvement et d’abaissement effectuées par une personne, à deux mains.

L’équation définit une charge maximale admissible (CMA) – Recommended Weight Limit (RWL) en anglais – c’est-à-dire une recommandation de la charge la plus lourde qu’un travailleur en bonne santé peut soulever sans augmenter le risque de développer un trouble musculosquelettique, comme une lombalgie par exemple. 

L’équation de levage NIOSH prend en compte le poids ainsi que plusieurs autres variables dans les tâches de levage qui contribuent au risque de blessure des opérateurs. On retrouve plusieurs facteurs qui peuvent faire baisser la CMA :

  • la hauteur de prise et de pose ;
  • la profondeur de prise et de pose ;
  • la distance de  la charge entre la prise et la pose ;
  • la fréquence de l’action ;
  • la torsion du tronc ;
  • ou encore la qualité de la prise.

Une fois le calcul de la limite de poids recommandée (CMA) réalisée, les entreprises doivent la comparer avec le poids porté par l’opérateur en condition de travail réelle. C’est ainsi que le calcul de l’indice de soulèvement  – ou Lifting Index (LI) en anglais – peut être réalisé.

Le calcul de la charge maximale admissible (CMA) et de l’indice de soulèvement se réalise…

  • pour la posture d’origine ;
  • et pour la posture de destination du soulèvement de la charge.

Néanmoins, l’équation ne peut être utilisée si la tâche est effectuée

  • d’une seule main ;
  • pendant plus de 8 heures ;
  • en étant assis ou à genoux ;
  • en poussant ou en tirant ;
  • avec des brouettes ou des pelles ;
  • dans un espace de travail restreint ;
  • avec des objets instables, tels que des seaux ou des récipients de liquides ;
  • avec des mouvements à grande vitesse – plus de 30 pouces par seconde environ ;
  • avec des objets extrêmement chauds ou froids ou dans des températures extrêmes ;
  • ou encore avec une mauvaise liaison entre les pieds et le sol – avec notamment un risque élevé de glissement ou de chute.

Le Code du Travail

Le Code du Travail prend également en compte les manutentions manuelles réalisées par les opérateurs. On note alors les éléments suivants :

  • Le port de charge toléré pour les hommes ne doit pas dépasser les 55 kg.
  • Pour pouvoir porter des charges supérieures à 55 kg, les opérateurs doivent avoir été reconnus « aptes » par la médecine du travail. Néanmoins, ces charges ne doivent pas dépasser les 105 kg.
  • Les femmes, quant à elles, ne peuvent pas porter des charges supérieures à 25 kg.

Pour plus d’information, référez-vous aux articles D. 4152, D. 4153-39 à D. 4153-40, R.4541-1 à R. 4541-11 du Code du Travail.

Le Code de la Sécurité Sociale

Enfin, la Sécurité Sociale a également son mot à dire sur la problématique des TMS liée à la manutention de charge. C’est pourquoi le « Tableau 98 » répertorie tous les TMS et les maladies précises que peuvent contracter les salariés. Ce tableau précise également les délais de prise en charge par l’Assurance Maladie. Mais encore, le « Tableau 98 » apporte un bon lot de conseils pour les entreprises afin qu’elles puissent restreindre le risque de contraction des TMS, notamment via sa liste de travaux à réaliser par les entreprises.

Comment Moovency aide les entreprises à respecter les normes ?

Des remontées terrain qui sonnent l’alarme

Chez Moovency, nous avons détecté un réel besoin chez nos clients. Il leur faut un outil leur permettant de calculer facilement la charge maximale admissible sur les activités de manutention de charge

À l’instar des méthodes axées sur la posture – telles que RULA ou REBA – les méthodes de manutention de charge doivent permettre aux entreprises de comparer les valeurs de charge portées par leurs salariés, par rapport à des seuils précis. Il est donc nécessaire pour elle de détecter ces limites et d’agir en conséquence si la valeur dépasse la limite préconisée par les normes.

Néanmoins, pour pouvoir détecter ces limites, les entreprises doivent entrer de (trop) nombreux paramètres à mesurer. Cela rend la démarche bien trop complexe et chronophage pour les ergonomes et préventeurs.

De plus, ces paramètres sont relatifs aux mouvements et postures, tels que :

  • la profondeur de prise et de pose ;
  • la rotation du tronc lors de la pose de la charge ;
  • etc.

Ils sont donc difficilement estimables à l’œil nu.

De l’automatisation à la simplification : l’apport de KIMEA Cloud 

C’est là que KIMEA entre en jeu. Grâce à sa capacité de mesurer les mouvements des opérateurs via la captation vidéo, la solution peut calculer ces paramètres automatiquement. Et c’est l’automatisation de la mesure de ces paramètres cinématiques qui a motivé Moovency a répondre à ce besoin réel rencontré par ces clients, et ce pour des raisons évidentes de performance et de standardisation de l’analyse.

L’usage de la norme NF X35-109 ou de l’équation NIOSH devient alors beaucoup plus simple. Les mesures pourront être réalisées automatiquement, mais également de façon objective et reproductible. 

Fiables, simples à obtenir, et sans ambiguïté, les résultats issus de la norme NF X35-109 ou de l’équation NIOSH deviennent alors un atout de taille pour les professionnels de terrain. En effet, les actions correctives à mettre en place au sein d’une structure pourront être évaluées par KIMEA Cloud et ainsi devenir un argument de poids pour justifier un investissement. 

Et c’est quelque chose que, vous aussi, vous pouvez mettre en place au sein de votre entreprise. En effet, vous pouvez dès aujourd’hui demander à démarrer un essai gratuit de votre nouvel outil de quantification des risques biomécaniques des TMS : KIMEA Cloud !

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Au-delà de la biomécanique : comment une approche globale peut-elle prévenir les TMS liés à la manutention de charge ?

Bien sûr, bien que la biomécanique soit un facteur important dans la contraction des troubles musculosquelettiques dans des actions de manutention de charge, il ne faut pas oublier que les TMS sont avant tout une maladie plurifactorielle. Notre article « Les facteurs de risque des TMS » pourra vous éclairer sur ce point. Sur ces questions, Moovency peut également vous accompagner. Nos quatre ergonomes certifiés IPRP se déplacent sur tout le territoire pour vous accompagner dans vos démarches de prévention des TMS, notamment via la prestation « Analyse ergonomique ».  En effet, cette prestation permet d’analyser les différents facteurs de risques de TMS auxquels sont confrontés les salariés d’une entreprise.

En comprenant le risque de TMS propres aux entreprises clientes, nos ergonomes peuvent ensuite s’orienter vers la recherche de solutions adaptées.

Pour en savoir plus, contactez-nous !

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